Je souhaite que les jeunes gens de talent prennent soin de leur dantian.
Les « gens de talent » sont les héros et les hommes remarquables doués de capacités. Mais ces jeunes gens abrègent souvent leur vie par leur goût des plaisirs sexuels. Le Seigneur impérial souhaite donc que les personnes talentueuses préservent impérativement leur dantian afin de nourrir leur essence et leur esprit. Le dantian est le lieu où l’essence et l’esprit sont emmagasinés, à environ un cun au-dessous du nombril. 59
Sans les atteintes du désir sexuel, on peut espérer atteindre quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans ; sans se laisser égarer par les jupes et les épingles à cheveux, on étend sa vertu jusqu’à ses enfants et petits-enfants.
Le « désir sexuel » désigne les désirs égoïstes attachés aux plaisirs de la chair. Les anciens disaient que bien des choses nuisent à la vie, mais que le goût de ces plaisirs nuit inévitablement au corps. Celui que le désir sexuel n’endommage pas peut naturellement espérer une grande longévité : quatre-vingts, quatre-vingt-dix ou même cent ans. À quatre-vingts ans, on est dit mao ; à quatre-vingt-dix, die : ce sont deux termes désignant les personnes d’un âge avancé. Les « jupes et épingles à cheveux » désignent les belles femmes vêtues de jupes de soie et coiffées d’épingles dorées. « S’égarer » signifie qu’un homme tombe par erreur dans le piège des plaisirs sexuels, se laisse ensorceler par elles et commet le premier des maux, de sorte que ses descendants ne prospèrent pas. Celui qui ne se laisse pas égarer par les jupes et les épingles à cheveux possède une très grande vertu cachée. Elle se transmettra inévitablement à sa postérité et assurera la prospérité de ses descendants, génération après génération. 59
À l’intérieur, on n’entend pas les plaintes des veuves : la vie dure comme le ciel et la terre. Au-dehors, on ne voit pas la détresse des veufs : les cheveux sont blancs comme une grue, le visage jeune comme celui d’un enfant.
Lorsque les gens ne subissent pas les atteintes du désir sexuel, hommes et femmes jouissent nécessairement tous d’une grande longévité, durable comme le ciel et la terre. Naturellement, en entrant chez eux, on n’entend aucune veuve au cœur brisé. De même, lorsque les hommes sortent, on ne voit pas non plus de veuf dans la détresse. En outre, les personnes très âgées ont les cheveux blancs comme une grue : d’où l’expression « cheveux de grue ». Pourtant, leur visage garde des couleurs roses et fraîches, comme celui d’un enfant : d’où l’expression « visage d’enfant ».
Toute la maisonnée vit en parfaite harmonie, sans sentir approcher la vieillesse.
La « maisonnée » est une famille. Dans cette famille, hommes et femmes ne connaissent ni maladie ni douleur ; ils ont des bénédictions et une longue vie. Ils ne ressentent que l’harmonie qui attire les bons augures. Les personnes âgées y vivent heureuses et paisibles, sans même sentir leur vieillesse approcher.
Nul ne connaît mieux l’élève que son maître ; nul ne connaît mieux le fils que son père.
L’« élève » est celui qui étudie ; le « maître » est son enseignant. Seul le maître connaît le tempérament de son élève. Seul le père connaît clairement les goûts de son fils.