Il existe dix mille commerces à exercer, mais celui de la débauche porte un lourd poids de fautes. D’atroces supplices et de sévères châtiments attendent les coupables dans l’enfer Avīci ; mauvaise rétribution et déshonneur poursuivent sans fin les descendants.
Les « dix mille commerces » désignent toutes sortes d’activités commerciales. Le « commerce de la débauche » est l’exploitation de la prostitution. Avīci désigne l’enfer Avīci. Cela veut dire que l’on peut exercer toutes sortes de commerces, mais qu’il ne faut absolument pas exploiter celui de la débauche, sous peine d’accumuler des fautes extrêmement lourdes. Après la mort, on sera nécessairement enfermé dans l’enfer Avīci pour y subir les pires supplices, et les descendants recevront nécessairement une mauvaise rétribution. Si l’on vous demande quel métier exerçait votre ancêtre et que vous répondez qu’il tenait un repaire de débauche, son nom sera assurément couvert d’un déshonneur qui montera jusqu’au ciel et laissera une honte pour dix mille ans.
Ne dites pas qu’errer jusqu’à en perdre l’âme et rechercher les plaisirs soit une joie.
« Errer » signifie se laisser aller librement à la débauche. « Perdre l’âme » signifie avoir l’âme égarée. « Rechercher les plaisirs » signifie chercher l’excitation et la joie. Cela veut dire qu’il ne faut pas se vanter de se livrer sans retenue à ses désirs, de se laisser fasciner par la beauté féminine et de rechercher partout l’excitation et les plaisirs en se complaisant en soi-même.
Même si la transaction se fait contre de l’argent, votre nature spirituelle ne peut échapper à la souillure. Même sans yeux ni oreilles témoins, dans le secret d’une chambre, vous sentez vous-même les reproches de votre conscience.
Une « transaction » est un achat ou une vente. La « nature spirituelle » est la nature foncière de l’âme. La « souillure » est l’impureté. Le « secret d’une chambre » signifie ce qui se passe à l’abri des regards. Cela veut dire que, même si la recherche des plaisirs et des belles femmes est un échange d’argent, votre propre lumière spirituelle s’est déjà couverte de poussière et de saleté. Même sans personne à côté pour vous voir, vous éprouvez en secret de l’inquiétude et de la honte à vous montrer aux autres.
Dès que surgissent les pensées déviantes, les intentions mauvaises se multiplient. Votre personne et votre famille perdent leur pureté ; dans le champ du cœur, des pousses empoisonnées prennent racine.
Les « pensées déviantes » sont des pensées qui s’écartent de la droiture. « Se multiplier » signifie proliférer. « Votre personne et votre famille » désigne vous-même et votre foyer. Le « champ du cœur » est le fond du cœur, la montagne spirituelle. Les « pousses empoisonnées » sont les germes toxiques des fautes et les arbres du karma mauvais. Cela veut dire que, dès que naissent des pensées de débauche, les intentions mauvaises les suivent. Une fois la raison perdue, on ose commettre l’inceste et des actes qui ruinent la vertu ; sans que cela se voie, la personne et la famille perdent leur pureté et leur bonne réputation. Un arbre mauvais, impur et vénéneux, est ainsi planté, prend racine et se transmet aux générations suivantes.
Dès lors, le karma des fautes vous enserre de vie en vie ; à travers les calamités successives, le cycle des renaissances ne connaît plus de repos.
« De vie en vie » signifie au fil de toutes les existences. « Enserrer » signifie s’attacher à une personne sans la lâcher. Les « calamités successives » désignent les nombreuses épreuves traversées. Cela veut dire que le karma des fautes, d’existence en existence, ne vous quitte plus : quel que soit le nombre de catastrophes traversées, vous renaissez encore et encore pour en subir la rétribution. Comme cela est effrayant !