Les développements sur la vie conjugale côtoient des citations de sūtras et des textes de conduite plus anciens. Certaines prescriptions s’adressent à des pratiquants engagés dans une observance ; d’autres sont affirmées par le magistrat comme des règles générales. L’adultère n’en constitue qu’une partie : les réponses portent aussi sur la vie avant le mariage, les engagements des conjoints et les conditions de leur intimité.
7.7 Les normes historiques et les personnes
Les textes de conduite cités dans le livre emploient aussi des catégories issues d’un ordre familial ancien. Les « trois obéissances » et les « quatre vertus » décrivent des attentes historiques envers les femmes : rapports au père, au mari puis au fils, et qualités de conduite, de parole, de tenue et de travail. Le maintien du veuvage reçoit dans certains passages une valeur religieuse particulière. Le sens de « fidélité » y dépasse donc la fidélité pendant un mariage vivant.
Dans certains passages, l’ouvrage associe aussi le sexe d’une renaissance et la condition sociale à des conséquences antérieures. Ainsi, le devenir annoncé au bénéficiaire d’une aide comprend à la fois une naissance féminine, des difficultés conjugales et la poursuite d’une pratique. Le sexe, le milieu social et les événements vécus restent des éléments différents de cette description. Ces classements appartiennent au cadre moral et historique du texte ; ils ne mesurent pas la valeur des femmes et des hommes qui le lisent.
7.8 L’alimentation et la protection de la vie
L’abstention alimentaire s’inscrit dans une pratique plus large de protection de la vie et de retenue. Le passage des cinq préceptes recommande une alimentation végétale et étend l’abstention à des produits liés aux animaux, comme le lait, le beurre, les œufs et le miel, ainsi qu’à certains objets d’usage. Il s’agit de l’explication rapportée par l’autrice à propos des préceptes. Cette portée ne peut pas être attribuée mot pour mot à toutes les citations de sūtras présentes à proximité.
La citation du Śūraṅgama, les commentaires du livre et les pratiques particulières des communautés ne possèdent pas toujours la même portée. Les termes contemporains « végétarien » et « végétalien » décrivent ce qui entre ou non dans une alimentation. Ici, l’abstention comprend aussi une intention de protection, des engagements reçus et un travail sur les attachements. Le lait, les œufs ou le miel sont donc examinés en relation avec les êtres dont ils proviennent et avec la pratique religieuse à laquelle la réponse les rattache.
7.9 L’alcool, le tabac et l’exception médicinale
Le précepte relatif aux substances intoxicantes est expliqué dans le livre à partir de la clarté nécessaire à la conduite et à la pratique. L’alcool est cité même lorsqu’il entre en faible quantité dans un produit. Le tofu fermenté sert d’exemple lorsqu’il contient de l’alcool ; cela ne permet pas d’affirmer que toutes les préparations de tofu fermenté ont la même composition. Les mots du passage portent sur le produit et les conditions effectivement décrits.
Une exception médicinale est expressément maintenue. Un premier passage évoque la nécessité de sauver la vie ; un autre précise un usage externe thérapeutique, ou l’emploi interne dans une maladie grave menaçant la vie, lorsqu’il n’existe pas de substitut approprié. La permission ne devient pas une autorisation générale pour n’importe quelle consommation. Le texte étend ensuite le principe au tabac et à d’autres produits qu’il considère comme nuisibles à la clarté de l’esprit.