Deuxièmement, l’avortement est motivé par une mauvaise situation financière. Les lois de l’au-delà ne le permettent pas : on ne peut pas tuer pour des raisons économiques. La manière de faire face aux difficultés est très importante. Quelles que soient les épreuves endurées dans le monde des vivants, elles valent des millions de fois mieux que de descendre en enfer subir une rétribution après un avortement. Souvenez-vous-en ! Il est aussi possible que cet enfant vienne témoigner sa reconnaissance et qu’après sa naissance, la situation économique de la famille s’améliore, lui apportant prospérité et aisance ; bien entendu, il faut examiner chaque cas concret. Cet avortement réduira les bénédictions durant la vie — santé, carrière, fortune, tout diminuera — et il faudra subir 1 000 ans de rétribution dans l’enfer de la Forêt d’épées. Pour les personnes non mariées, il faudra d’abord subir 500 ans de rétribution dans l’enfer des Fouets et des Bâtons. Puis, lorsqu’elles renaîtront sous forme humaine, elles devront encore acquitter les rétributions résiduelles de l’acte de tuer. Par exemple, les femmes auront des maladies gynécologiques et les hommes, eux aussi, des maladies de l’appareil reproducteur.
Troisièmement, il y a la situation aujourd’hui la plus fréquente dans le monde des vivants. Beaucoup d’hommes et de femmes non mariés recourent à l’avortement lorsqu’ils attendent un enfant. Cet acte entraîne les rétributions les plus lourdes. Leurs bénédictions diminuent de leur vivant ; à la fin de leur vie, ils entrent d’abord dans l’enfer des Fouets et des Bâtons pour y subir 800 ans de rétribution, puis dans l’enfer de la Forêt d’épées pour y subir 2 000 ans de rétribution. La faute de la femme qui avorte sera plus lourde que celle de l’homme, car c’est elle qui prend la décision finale de se faire avorter ; sa faute est donc un peu plus lourde. À l’inverse, si l’homme demande à la femme d’avorter, mais qu’elle préserve finalement le fœtus et met l’enfant au monde, une mauvaise action sera inscrite au compte de l’homme et un mérite caché de bonté au compte de la femme. Si, par la suite, l’homme se repent, prend bien soin de l’enfant et exhorte les vivants à ne pas recourir à l’avortement, le mauvais karma d’avoir incité autrui à avorter pourra être effacé. Ayu, veux-tu aller visiter cet endroit ? »
Je réponds : « Volontiers ! » Nous arrivons très vite. Cet endroit diffère de l’enfer de l’Inconduite sexuelle. Celui-ci est rempli de pensées de désir sexuel dévoyé et de cris de douleur ; ici, ce sont des cris et des pleurs de souffrance chargés d’une profonde rancune. Je lève les yeux et vois quatre grands caractères : « 枉死哭城 » (« Cité des pleurs des victimes de mort injuste »).
Oh ! Que de tout petits êtres ! Ils sont serrés les uns contre les autres et pleurent tous. Leurs pleurs sont si déchirants ! À cette vue, mes larmes coulent aussi. Certains nourrissons crient à tue-tête ; d’autres ressemblent à des boules de sang.
Le magistrat de l’au-delà dit que c’est le médecin qui les a mis dans cet état lors de l’avortement. Un esprit de nourrisson a eu tellement peur qu’il reste encore recroquevillé en boule. En réalité, il pourrait maintenant se déplier et étendre ses membres, mais il reste enfermé dans son attachement à cette douleur et ne parvient pas à en sortir. Je demande au magistrat quand il pourra cesser de souffrir ainsi. Le magistrat répond que cela dépend de ses parents : lui exprimeront-ils leur repentir ou accompliront-ils des actes méritoires pour lui en dédier les mérites ? Il y en a une autre qui appelle sa maman. Je demande au magistrat comment un esprit de nourrisson qui n’est pas encore né peut appeler sa maman. Il répond que si ces enfants naissaient comme humains dans le monde des vivants, ils ne commenceraient à apprendre à parler qu’après l’âge d’un an. Mais ils ne sont plus dans le monde humain : arrivés en enfer, ils sont des êtres spirituels, et les êtres spirituels possèdent des pouvoirs surnaturels et fonctionnent par la pensée. Quoi qu’il en soit, le sort des esprits de nourrissons ici est vraiment terrible : ils ne cessent de pleurer et de crier. Hélas ! Le Ciel a pour vertu d’aimer la vie ; ne massacrons jamais de jeunes vies innocentes pour satisfaire notre seul intérêt.
Le magistrat de l’au-delà m’explique que cette « Cité des pleurs des victimes de mort injuste » a été construite récemment. Pendant que nous parlons, des esprits de nourrissons continuent d’y entrer sans arrêt. Ils sont vraiment si nombreux, si nombreux !
À ce moment-là, je vois un grand groupe de nourrissons sortir en volant, une feuille de papier jaune à la main. Alors que je m’en étonne, le magistrat m’explique qu’ils portent un laissez-passer approuvé par le roi Yan, souverain de l’au-delà. Munis de ce laissez-passer, ils seront autorisés par les agents de l’au-delà à quitter cet endroit et pourront aller retrouver leurs parents. Le plus souvent, ils s’attachent au corps de leur mère et lui causent des malaises physiques. Quant à l’endroit précis où ils s’attachent, cela dépend des préférences de chaque esprit de nourrisson. Certains aiment retourner dans le ventre de leur mère et s’attachent donc à son utérus ; d’autres préfèrent s’attacher à sa poitrine, et ainsi de suite. Certains suivent constamment leur mère ou leur père ; d’autres empêchent leurs parents de dormir. Bref, ils créent des ennuis à tout moment. Si d’autres enfants naissent, ces esprits de nourrissons détruisent l’harmonie familiale, par exemple en frappant leurs petits frères ou leurs petites sœurs et en provoquant délibérément toutes sortes d’incidents pour exprimer leur rancœur à leurs parents. 20
Sur la droite se trouve une ancienne cité, vieille de 70 ans, appelée la « Cité de la Souillure de sang ». Elle ne suffit plus aujourd’hui. Chez les esprits de nourrissons qui s’y trouvent, je ressens une solitude plus profonde. Le magistrat dit que tous les esprits des nourrissons dont l’avortement n’a pas été intentionnel sont placés ici. Ah ! Voilà donc pourquoi. Rien d’étonnant à ce qu’ils pleurent chacun dans leur solitude.
Le magistrat ajoute qu’il y a 70 ans, peu de gens provoquaient intentionnellement un avortement. À l’époque, il s’agissait surtout d’esprits de nourrissons qui n’avaient pu naître faute de bénédictions suffisantes. Mais, dans le monde des vivants d’aujourd’hui, les avortements intentionnels sont majoritaires. Prendre la pilule du lendemain utilisée dans le monde des vivants constitue également une transgression du précepte de ne pas tuer. Les esprits de nourrissons sont déjà entrés dans le sein maternel, et les avortements effectivement provoqués par la prise de cette pilule sont eux aussi innombrables. 93
Le magistrat poursuit : « Aujourd’hui, des esprits de nourrissons avortés dans le monde des vivants viennent se présenter ici chaque jour ; 90 % de ces avortements sont dus à l’inconduite sexuelle. C’est un immense mauvais karma lié à l’acte de tuer. L’inconduite sexuelle ajoutée à l’acte de tuer formera une catastrophe issue d’un mauvais karma collectif. Lorsque cette force karmique atteint le point où elle rompt l’équilibre du Ciel et de la Terre, une catastrophe se produit nécessairement dans le monde humain. Elle est causée par ces rancœurs : ces esprits ont besoin de décharger leur colère et de dissiper, par une catastrophe, cette part d’immense mauvais karma. Ayu ! Rentre vite avertir les êtres sensibles du monde des vivants des rétributions de l’avortement ! » 94