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《阴律无情》

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Le magistrat dit : « Ayu, votre grand-père paternel était un homme bon dans sa vie précédente. Il avait accumulé certaines bénédictions lui assurant longévité, prospérité de sa descendance et une maison pleine d’enfants et de petits-enfants. Dans cette vie, il aurait dû vivre jusqu’à 102 ans. Malheureusement, à cause du tabac, sa durée de vie avait déjà été réduite de 10 ans.

Votre grand-père paternel était destiné à vivre longtemps ; ses 92 ans correspondent à une durée de vie déjà réduite. Il a rendu son dernier souffle à la suite d’une grave dégradation de ses fonctions pulmonaires, de la toux et de la faim. Toutefois, son décès prématuré n’était pas entièrement dû à la réduction de sa durée de vie provoquée par le tabac. Il y avait une autre raison : lorsque votre grand-père avait 90 ans, après le décès de votre grand-mère paternelle, personne ne s’occupait de lui au quotidien. Votre tante, la femme du frère cadet de votre père, le maltraitait ; elle le privait souvent de nourriture et l’accablait d’injures. Si elle avait tant insisté au début pour s’occuper de lui, c’était afin de s’emparer de tous ses biens. Ne comprenant pas la loi des causes et des effets, elle croyait avoir réussi. Votre grand-père, au contraire, avait choisi, pour préserver l’harmonie familiale, de tout supporter seul et de n’en parler à personne, jusqu’à mourir dans la solitude. L’autre cause véritable de sa mort était la faim. Dans cette épreuve, il avait non seulement épuisé du karma, mais aussi accumulé quelques bénédictions. C’est pourquoi, peu après que vous avez commencé à étudier le bouddhisme, Ayu, quelques récitations du nom du Bouddha ont permis de le délivrer et de le faire accéder au monde céleste. C’était la bonne rétribution de son attitude avant sa mort : il avait tout enduré sans se plaindre, éliminant ainsi une part de son karma. Votre tante, elle, avait semé les germes d’un très lourd mauvais karma.

Pour un si grave manquement à la piété filiale, dans six ans, son fils unique, si sage et qu’elle chérit par-dessus tout, la quittera. Sa rétribution ne s’arrêtera pas là : par la suite, sa fille s’emparera de tous ses biens et manquera elle aussi à la piété filiale envers elle. Votre tante mourra de maladie dans la souffrance.

Comme on le dit : le bien et le mal reçoivent toujours, à la fin, leur rétribution ; qui donc la juste loi des causes et des effets épargnerait-elle ?! En ma qualité de magistrat, j’exhorte les gens de ce monde à ne jamais agir contre leur conscience. Tout ce que font les êtres humains est consigné dans les registres de l’administration de l’au-delà. Qui multiplie les injustices subira nécessairement le châtiment du Ciel ; qui fait sincèrement le bien recevra assurément les bénédictions du Ciel. Que chacun garde bien mes paroles en mémoire. » 19

Je dis : « Ce que vous venez de dire, magistrat, me surprend vraiment au plus haut point ; une vague de chagrin douloureux me serre le cœur. À l’époque, grand-père est effectivement mort après une grave dégradation de ses fonctions pulmonaires, rendant son dernier souffle en toussant. Quant à ses biens, j’avais aussi entendu papa et maman dire que ma tante s’était emparée de tout, et cela les contrariait quelque peu. Pour ce qui est de la faim, cela me revient : voilà pourquoi, chaque fois que je rendais visite à grand-père, il dévorait sans attendre toute la nourriture que je lui achetais. Ma tante disait seulement que, de toute la famille, petits et grands, j’étais celle qui savait le mieux faire les achats, que grand-père préférait les aliments que je lui apportais et qu’on voyait bien que c’était lui qui m’avait élevée. À l’époque, j’en étais même très heureuse : comme je manquais de sagesse ! Je me souviens aussi que, chaque fois que j’allais voir grand-père, ma tante restait toujours avec moi. Je me disais alors qu’à ma prochaine visite, je lui apporterais davantage des aliments qu’il aimait. Comme je travaillais loin, je ne rentrais dans ma ville natale qu’une fois tous les six mois. Quand je suis revenue la fois suivante, grand-père était déjà… Quelle tristesse !!! »

Le magistrat dit : « Ah, le karma ! Rien n’échappe aux causes et aux effets ! Les règles de l’au-delà ne jugent jamais à tort aucun des innombrables liens de causalité, si complexes et enchevêtrés soient-ils. Telle cause, tel effet. Votre grand-père a subi la rétribution de son tabagisme. En fumant pendant de longues années, il a nui aux poumons de votre grand-mère. C’est à cause de la dégradation de ses poumons et de la toux qu’elle est morte : des mucosités, bloquées dans sa gorge sans pouvoir être expulsées, ont entravé sa respiration ; elle n’a pu reprendre son souffle et a quitté ce monde. Dans cette affaire, votre grand-père devait lui aussi assumer une part des conséquences karmiques. Mais sa pratique de la patience face aux offenses lui a également valu les mérites de cette patience.

Personne ne devrait fumer. Le tabac altère notre pensée normale ; les disciples du Bouddha doivent absolument cesser de fumer. Le tabagisme relève, parmi les cinq préceptes, de celui qui interdit l’alcool. Selon les principaux textes scripturaires dont nous disposons aujourd’hui, lorsque le Bouddha établit les cinq préceptes pour les fidèles laïcs, il ne dit certes pas directement qu’il était interdit de fumer ; il enseigna seulement qu’il ne fallait pas boire d’alcool. Or, l’alcool engourdit notre système nerveux, altère la pensée normale, nuit à la pratique spirituelle et pousse les êtres à commettre le mal, pour finalement tomber dans les enfers. Hormis son emploi externe pour soigner une maladie, ou son utilisation indispensable dans un médicament à prendre contre une maladie grave mettant la vie en danger, lorsqu’aucun substitut n’existe, il ne faut pas toucher à la moindre goutte d’alcool. Ne vous trompez pas vous-mêmes et ne trompez pas les autres en pensant que boire sans s’enivrer n’est pas une faute.

Ainsi, le véritable but de l’observance de ce cinquième précepte, qui interdit de boire de l’alcool, est le suivant : il faut s’abstenir de tout produit à consommer qui engourdit et altère la pensée humaine normale. Cela ne concerne pas seulement l’alcool. Dans la société actuelle, les sciences et les techniques évoluent sans cesse ; à l’avenir, le monde humain produira encore toutes sortes de nouveaux produits semblables à l’alcool ou au tabac. Il faut s’abstenir de tous les produits à consommer qui ont un effet engourdissant et altèrent la pensée normale. J’espère que chacun respectera soigneusement ce point ; sinon, en enfreignant les lois de l’au-delà et en diminuant ses bénédictions et sa durée de vie, c’est encore soi-même qui en souffrira !

Bien ! Ayu, arrêtons ici pour aujourd’hui notre entretien sur le tabac. Rentrez maintenant ! Vous serez la bienvenue lors d’une prochaine visite ! »

Je dis : « Les paumes jointes, je vous remercie, magistrat, de m’avoir révélé aujourd’hui tant de faits liés aux causes et aux effets dont personne dans ma famille n’avait connaissance. J’en ai vraiment beaucoup retiré ! »

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