Je repars sur le lotus blanc !
12/ La promotion de l’Empereur de Dongyue et les catastrophes de Jambudvīpa, le continent du Sud
Gratitude pour la protection et le soutien de la puissance du Bouddha ! Je pars sur le lotus blanc !
Amitābha ! Je joins les paumes et salue le magistrat de l’au-delà !
« Magistrat ! Aujourd’hui, j’aimerais que vous m’emmeniez rendre visite au légendaire Empereur de Dongyue. »
Le magistrat dit : « Aujourd’hui, l’Empereur de Dongyue est l’un des rois de l’au-delà placés sous l’autorité du souverain de l’au-delà, le roi Yan. Avant la dynastie Song, l’Empereur de Dongyue, également appelé Empereur de Fengdu, était le plus haut dirigeant du monde souterrain ; sa fonction correspondait à celle de l’actuel souverain suprême de l’au-delà. Mais aujourd’hui, l’Empereur de Dongyue est l’un des rois des douze palais placés sous l’autorité du souverain suprême de l’au-delà : ses fonctions ont changé. On n’a cessé de construire de nouveaux enfers, à un rythme encore plus rapide après la dynastie Song qu’auparavant. À partir de l’année 1995 du monde des vivants, ces constructions se sont encore accélérées ; à présent, les enfers sont presque saturés, tant les personnes qui commettent des fautes dans le monde des vivants sont nombreuses, vraiment très nombreuses ! Je sais que certains fidèles, après avoir lu Les lois inflexibles de l’au-delà, se demandent comment le monde souterrain peut connaître la construction de nouveaux enfers et des changements de fonctions. Songez que, dans le monde des vivants, les administrations publiques et leurs effectifs peuvent eux aussi augmenter ou diminuer. Les principes sont en réalité semblables dans les deux mondes, celui des morts et celui des vivants ; même le monde céleste ne fait pas exception. Ayu, suivez-moi ! » 39
Le magistrat dit : « Vers la 350e année après la dynastie Song, les affaires d’injustice, grandes et petites, abandonnées sans conclusion dans le monde humain commencèrent à se multiplier sans cesse. Lorsque les âmes de ces victimes d’injustice arrivaient dans le monde souterrain, elles portaient toutes leur plainte devant l’Empereur de Dongyue. Sa grande salle de jugement devint un lieu où se rassemblaient de nombreuses âmes victimes d’injustice, et l’Empereur était extrêmement occupé. Par la suite, on construisit dans le monde souterrain une vaste et spacieuse résidence pour le roi Yan, souverain de l’au-delà ; c’est alors que l’Empereur de Fengdu prit également le titre de « roi Yan, souverain de l’au-delà ». Cette nouvelle résidence réunissait en un seul palais son lieu d’habitation et son lieu de travail, afin de lui faciliter l’administration du monde souterrain. La plus haute salle de jugement du monde souterrain, que vous avez visitée la dernière fois, Ayu, fut construite à cette époque. L’Empereur de Fengdu s’installa lui aussi dans la résidence du roi Yan pour y vivre et y travailler. 39
L’actuel Empereur de Dongyue occupait auparavant la fonction de roi Qinguang du premier palais, avant d’être promu. Ce roi Qinguang du premier palais était un souverain juste et bienveillant du monde des vivants ; à la fin de sa vie, il fut nommé roi du premier palais de l’au-delà. Le travail de l’Empereur de Dongyue est à peu près semblable à celui du souverain suprême de l’au-delà. Toutefois, certains esprits, après leur arrivée dans les enfers, tiennent absolument à porter plainte devant le roi suprême. Presque tous ces esprits sont alors dirigés vers la grande salle de jugement de la résidence du roi Yan, souverain de l’au-delà, où celui-ci les juge en personne. C’est en réalité une habitude que les êtres humains ont acquise dans le monde des vivants. Pour tous ceux qui arrivent dans le monde souterrain, chacun de ses rois est juste et rigoureux. Tous traitent les différents cas selon les lois de l’au-delà et selon l’ordre des causes et des effets, sans jamais favoriser le moindre parent ou ami. Ils examinent les fautes commises par les esprits coupables pour décider dans quel enfer les envoyer ; selon les injustices subies, ils délivrent également la catégorie correspondante de plaque d’autorisation du monde souterrain permettant légalement de réclamer une vie. » 39
Une fois ce pont en arc franchi, la résidence officielle qui se trouve derrière est celle de l’Empereur de Dongyue. L’atmosphère d’une demeure de haut fonctionnaire y est très marquée. Dès le pont, des yakṣas patrouillent sans cesse dans les deux sens ; en apercevant le magistrat, tous le saluent. Avec le magistrat pour me guider, je n’ai pas à chercher moi-même les indications de direction : c’est beaucoup plus simple et plus rapide. En réalité, nous nous déplaçons très vite dans les enfers, contrairement au monde humain, où l’on avance lentement, un pas après l’autre, les pieds posés au sol. Parfois, lorsque le magistrat accélère, je dois moi aussi presser le pas ; nous avançons par la force de l’esprit, sans que nos pieds touchent le sol. Les enfers sont vraiment immenses ! Je n’avais encore jamais emprunté ce chemin, mais je ne souhaite retenir aucun des chemins des enfers. Puissent les êtres qui s’y trouvent entendre bientôt le Dharma authentique et le pratiquer ; puissent-ils tous s’élever bientôt et échapper aux souffrances des enfers. Voici maintenant la résidence de l’Empereur de Dongyue. Des yakṣas armés de grands sabres se tiennent bien droits devant les deux battants rouges de la porte. Après avoir salué le magistrat en souriant, ils ouvrent la porte et nous laissent entrer seuls.
À l’intérieur, un autre agent de l’au-delà accueille lui aussi le magistrat avec le sourire, puis nous conduit à travers un couloir donnant sur un petit jardin jusqu’à la grande salle de jugement. Le magistrat semble très bien connaître tous les yakṣas de la résidence de l’Empereur. Cette salle de jugement est manifestement bien plus petite que la salle de jugement suprême du roi Yan, souverain de l’au-delà. Tout y paraît plus ancien : le bâtiment possède de grandes portes de fer rouges à l’ancienne, et le mobilier comme les décorations ont tous un caractère antique. Les personnages des tableaux accrochés aux murs ont eux aussi l’apparence de gens d’autrefois. Des armes anciennes sont disposées de part et d’autre, au pied des murs latéraux. Au centre, face à l’entrée, se trouve un panneau portant les quatre caractères « 东岳大帝 » (« Empereur de Dongyue »). Un roi de l’au-delà est assis là ; ce doit être l’Empereur de Dongyue. Il porte les vêtements d’un roi de l’au-delà, son visage est gris, sa tête est coiffée d’une couronne et ses yeux émettent une lumière noire. Ah ! Voici encore un roi de l’au-delà dont l’aspect est extrêmement sévère, avec quelque chose de farouche. Les mêmes quatre caractères figurent également sur son bureau.