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《阴律无情》

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Ayu : « Oui, monsieur le magistrat ! »

Le magistrat : « Cet enfer a été construit en supplément en 1995, selon le calendrier du monde des vivants. La plupart des esprits coupables qui s’y trouvent sont originaires d’Orient. »

Nous descendons rapidement dans une vaste zone qui ressemble un peu aux grandes zones industrielles du monde humain. Il faut bien lire les panneaux, sinon on risque de se perdre. Il y a ici beaucoup de portes, sans yakṣa à l’entrée ; chacune porte le nom de l’enfer et toutes ces lourdes portes sont solidement verrouillées. C’est donc encore tout un nouveau domaine infernal ! J’en ai le vertige ! Dans le monde humain, les choses changent déjà de mille façons en un instant, et voilà que l’on construit maintenant tant de nouveaux enfers. Quand donc pourrai-je finir de tous les visiter ?!

Le magistrat dit : « Aujourd’hui, nous ne visiterons que la septième salle du septième bâtiment : l’enfer de la Pêche solitaire de poissons par les âmes isolées dans la mer des épées. Nous manquons de personnel dans l’au-delà ; il n’y a de gardien à aucune de ces portes. Allons directement sonner ! »

Ayu : « Bien, monsieur le magistrat ! »

Cherchons ! Voici le premier bâtiment, puis le deuxième, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième et le septième ; une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept salles : je l’ai trouvée. Des caractères chinois traditionnels modernes émettent une lumière vert foncé : « Enfer de la Pêche solitaire de poissons par les âmes isolées dans la mer des épées ». Je m’avance et appuie sur la sonnette.

Un yakṣa ouvre la porte et salue respectueusement le magistrat, puis nous entrons. Cet enfer est une grande mer peuplée de nombreux poissons-épées, grands et petits, acérés et féroces. Il est divisé en deux côtés : à gauche, les esprits coupables subissent leur peine seuls ; à droite, ils la subissent ensemble par petits groupes de quelques esprits. Cet enfer a une particularité : il n’y a que quatre yakṣas, deux de chaque côté. Le personnel manque vraiment ; ces quatre yakṣas ont eux aussi bien du mal ! 44

Cet enfer n’est pas petit non plus. Il ne ressemble pas aux mers du monde humain, où un rocher du rivage ne peut accueillir qu’une ou deux personnes ; sur une plage ordinaire du monde humain, au-delà de cinq cents personnes, on parle déjà de foule. Dans cet enfer, les poissons-épées de fer qui vivent dans la mer mangent les gens. Les plus grands mesurent environ dix mètres de long ; lorsqu’ils ouvrent la bouche, ils peuvent engloutir douze esprits coupables à la fois. Les plus petits les dévorent bouchée après bouchée. 44

Ici, un seul rocher peut étonnamment porter de nombreux esprits coupables. Sur le tout petit rocher à côté de moi, il y en a quarante-cinq ; d’autres rochers en portent encore davantage. Du côté gauche, les esprits se tiennent debout ou assis, chacun seul sur les rochers du rivage, et subissent sans fin de lourds supplices, dans un cycle de souffrances de mort et de retour à la vie. Voyons donc ce qui arrive à cet esprit masculin près de moi. Il vient de retrouver ses sensations et commence à reprendre conscience. Il se relève et s’assied sur le rocher ; entraîné par la rétribution du mauvais karma de la pêche, il semble avoir complètement oublié les souffrances qu’il vient d’endurer.

Je vois apparaître dans son esprit les silhouettes de divers poissons nageant dans la mer. Il pense qu’il attrapera sûrement ces poissons marins extraordinaires et qu’aussitôt après, sur son bateau, il les fera griller pour les manger tout en admirant le paysage. Il regarde joyeusement les poissons-épées dans la mer ; une longue canne à pêche électrique se trouve à côté de lui. Dès que sa main la touche, elle se dresse automatiquement et accroche sa tête avec rapidité et précision. En regardant plus attentivement, je distingue ce qui doit être un crochet de fer acéré, en demi-courbe, fixé à la canne : il accroche la tête de l’esprit en entrant par la bouche. Tout devient noir dans son esprit ; la douleur l’empêche de crier, le sang commence à couler de sa bouche et il se débat des mains et des pieds. Plus il se débat, plus le crochet s’enfonce.

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