« Le plus lourd mauvais karma que tu aies créé dans cette vie est celui de la pêche à la ligne, qui tue les êtres vivants. Qu’on te conduise d’abord dans l’enfer de la Pêche solitaire de poissons par les âmes isolées dans la mer des épées, pour y subir ta peine pendant 10 000 ans. Ce n’est qu’après la fermeture de tous les magasins de pêche ouverts dans le monde humain à cause de toi que tu pourras en sortir et te présenter devant moi. Je jugerai alors tes autres fautes. »
À ce moment-là, l’esprit coupable, terrifié, a crié au secours et s’est agenouillé pour demander au souverain de l’au-delà, le roi Yan : « Je n’ai tenu mon magasin de pêche que pendant huit ans. Comment peut-on me condamner à 10 000 ans de supplices infernaux ? Et je dois encore attendre que tous les magasins de pêche cessent leur activité ! Quel rapport les autres magasins ont-ils avec moi ? Je n’en suis même pas actionnaire ! »
Le souverain de l’au-delà, le roi Yan, a poursuivi avec colère : « Pour tous les magasins de pêche qui exercent aujourd’hui dans le monde humain et qui ont ouvert sous l’influence de ta publicité, tu dois assumer cinquante pour cent de la charge karmique inscrite dans les comptes de causalité des lois de l’au-delà. Le propriétaire de chaque magasin doit lui aussi en assumer cinquante pour cent. Si ce propriétaire ouvre ensuite un deuxième établissement, tu en assumes trente pour cent et lui soixante-dix pour cent. Sans l’influence de ta publicité, ces magasins dont l’activité engendre le karma de tuer n’auraient pas ouvert. Quant à ceux dont l’ouverture n’a pas été suscitée par ta publicité, l’au-delà ne les portera pas arbitrairement à ton compte. »
« Tous les membres du personnel qui occupent des fonctions importantes dans l’au-delà ont pour fondement l’observance des préceptes. Ceux qui les observent émettent une lumière corporelle ; plus leur vertu dans cette observance est pure, plus leur poste est élevé. Tu devrais normalement être aujourd’hui, dans le monde humain, un homme très riche, honoré, en bonne santé, dont la famille et les affaires prospèrent. Dans l’une de tes vies, tu as été un grand homme de bien ; tes dons t’ont permis d’accumuler d’immenses bénédictions, et les conditions étaient réunies pour que leurs fruits mûrissent dans cette vie. C’est pourquoi, quel que soit le métier que tu aurais exercé dans cette vie, tu aurais prospéré et attiré la sympathie des gens ; ton patrimoine serait le double de ce qu’il est actuellement. Qui aurait cru qu’après ta naissance dans cette vie, tu passerais ton temps à pêcher, puis qu’une fois tes études terminées, tu te lancerais même dans le commerce de gros de produits de la mer ? Tout l’argent que tu as gagné dans ce commerce l’a été au prix de tes bénédictions. »
« Le commerce de gros de produits de la mer a rapidement consumé la moitié des bénédictions de ta vie actuelle. L’au-delà t’a déjà envoyé à plusieurs reprises des avertissements en rêve : tu rêvais que les créatures marines te dévoraient ou te pourchassaient pour te tuer. Ces rêves étaient des signes, des avertissements pour que tu cesses cette activité, que tu exerces un métier légitime et que tu ne gaspilles plus tes bénédictions en commettant le mauvais karma de tuer. Mais tu n’as rien remarqué, tu n’as ni réfléchi sur toi-même ni éprouvé de repentir. Tu as continué à nourrir ton orgueil et le poison de ton avidité, sans faire le bien ni accumuler de vertu. Tu n’as cessé de promouvoir et de développer les magasins de pêche dont l’activité tue des êtres vivants, favorisant ainsi indirectement le développement des restaurants de pêche dans le monde humain. Cette dette de causalité envers les lois de l’au-delà, tu dois la rembourser lentement par la souffrance dans les enfers de l’au-delà. »
« Si tu avais exercé un métier légitime dans le monde humain, sans commettre de mal grave, même sans te consacrer particulièrement aux bonnes actions, à la pratique de la Voie ou à l’accumulation de bénédictions, celles que tu possédais auraient dû te permettre de vivre encore aujourd’hui heureux et joyeux parmi les vivants. Tu n’aurais pas non plus été réduit, comme maintenant, à tomber en enfer pour y subir des souffrances sans mesure ni limites. »
Le souverain de l’au-delà, le roi Yan : « Yakṣa Guhun ! »
Le yakṣa Guhun : « Présent ! »
Le souverain de l’au-delà, le roi Yan : « Conduis-le immédiatement dans l’enfer de la Pêche solitaire de poissons par les âmes isolées dans la mer des épées pour qu’il y soit puni et acquitte entièrement sa dette karmique ! »
L’esprit coupable : « Bouhou… bouhou… bouhou… Maintenant, je regrette vraiment d’avoir été si avide. Je voulais sans cesse augmenter mon patrimoine, mais j’avais choisi la mauvaise méthode. Mademoiselle, vous devez absolument écrire tout ce que je vous ai dit. Puisse sa lecture amener mes amis à se corriger immédiatement, à cesser de pêcher et à ne plus tenir de magasins de pêche. »