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《阴律无情》

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« Mademoiselle, je vous en supplie ! Il vous suffit d’écrire ce que je viens de dire : quand mes amis le liront, ils sauront certainement que c’est moi qui suis tombé en enfer et y souffre. À l’époque, ils connaissaient tous mes affaires de famille ainsi que certaines de mes idées. Ils croiront certainement que ce que vous écrivez est vrai, et ils changeront certainement après l’avoir lu. Pourvu qu’ils se corrigent au plus vite et cessent de commettre le mauvais karma de tuer par la pêche, cela pourra aussi réduire le temps que je passe à souffrir en enfer ! Bouhou… bouhou… bouhou… Personne ne veut subir à l’avenir les souffrances sans mesure ni limites des enfers. Bouhou… bouhou… bouhou… Je voudrais vraiment quitter cet endroit. Dix mille ans, comme c’est long ! Bouhou… bouhou… bouhou… »

Ayu : « Monsieur, je connais la ville dont vous parlez. Le karma lié à la mise à mort des êtres vivants y est très lourd ; je comprends maintenant que vous portez une si lourde part de ce karma noir. Mon travail consiste à bien écrire Les lois inflexibles de l’au-delà. Je mettrai assurément par écrit tout ce que vous venez de dire, sans rien omettre. Monsieur, vous devriez réciter le nom du Bouddha : sa force compatissante vous apportera ses bénédictions. Je vous dédierai aussi les mérites de l’écriture des Lois inflexibles de l’au-delà, afin que vous quittiez au plus vite la souffrance et trouviez la joie. »

L’esprit coupable : « Bouhou… bouhou… bouhou… Pendant que nous parlons comme maintenant, malgré la douleur de mon corps, je peux encore la supporter de toutes mes forces et réciter le nom du Bouddha. Mais tout à l’heure, mon supplice va reprendre, la douleur augmentera violemment sans aucune interruption ; j’aurai des vertiges et l’esprit confus, et je serai totalement incapable de réciter. Bouhou… bouhou… bouhou… Puissent tous les êtres humains ne jamais pêcher à la ligne et ne pas tomber en enfer pour y être punis ! Surtout, qu’ils ne souffrent pas autant que moi, condamnés, même après la mort, à des supplices infernaux dont on ne voit pas la fin ! Bouhou… bouhou… bouhou… »

Le magistrat : « Bien ! Compte tenu du temps, nous allons nous arrêter. Je tiens compte du fait qu’aujourd’hui tu as très volontiers fourni à Ayu des informations pour l’écriture des Lois inflexibles de l’au-delà, et que tu as aussi formulé un bon vœu : que personne au monde ne pêche jamais à la ligne ni ne tombe en enfer pour y être puni. Très bien ! Je porte maintenant une bonne action à ton compte. Je peux t’autoriser à aller écouter une fois les enseignements de Kṣitigarbha, pour suspendre temporairement tes souffrances. »

Le yakṣa Guhun : « Oui, monsieur le magistrat ! Je l’y emmène immédiatement. »

Ayu : « Puis-je vous demander, monsieur le magistrat, pourquoi cet homme peut aller immédiatement écouter les enseignements de Kṣitigarbha ? Les esprits coupables que nous avons interrogés auparavant souffraient encore plus que lui et étaient encore plus terrorisés. Pourquoi ne leur avez-vous pas compté une bonne action ? »

Le magistrat : « Ayu ! En réalité, les enfers se forment à partir d’un karma noir engendré par les transgressions des préceptes. Ceux qui y tombent y sont entraînés par leurs propres actes. Dans l’une de ses vies antérieures, cet homme a pratiqué, sans grande assiduité, la méthode de récitation du nom du Bouddha. Au cours de cette vie-là, il a fait toutes sortes de dons, mais sans en dédier les mérites conformément aux principes et au Dharma. Les fruits de toutes ces bonnes actions ont cependant mûri et sont devenus la richesse et les honneurs de sa vie actuelle. Hélas, il n’a pas su chérir ses bénédictions : il les a épuisées prématurément et est tombé en enfer. »

« Il existe aussi un lien karmique entre vous deux. Tout à l’heure, votre entretien a éveillé en lui l’aspiration à la délivrance et l’a incité à formuler un bon vœu sous le coup de l’émotion. C’est sa bonne pensée qui lui a valu une bonne action à son compte ; je ne lui ai accordé aucun traitement de faveur. Si l’on veut connaître tous les bouddhas des trois temps, il faut contempler la nature du domaine du Dharma : tout est créé par l’esprit seul. »

Le magistrat : « Bien, Ayu ! Il se fait tard aujourd’hui ; une nuit entière s’est encore écoulée dans le monde des vivants. Rentrez d’abord chez vous ! Vous serez la bienvenue dès que vous pourrez revenir. »

Ayu : « Ayu joint les paumes et vous salue respectueusement, monsieur le magistrat. Merci à vous ! Ayu reviendra assurément dès que possible ! »

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